Mercredi 13 juin 2018

Quiconque met la main à la charrue… (Amos 6,1-14)


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Le réquisitoire continue. En lisant ces pages virulentes du prophète Amos, une lassitude nous vient peut-être, une fatigue d’être, nous lecteurs, continuellement sous le feu de ses harangues. Cette parole rude et tenace qui n’a de cesse de pointer les zones d’ombre et d’annoncer les fléaux encourus peut lasser ou agacer. J’aimerais pourtant lui laisser un mérite, celui de la persévérance, qui reste une vertu qui a été honorée tant par Jésus que par de nombreux enseignants de sagesse avant et après lui. Continuer à tracer son sillon envers et contre tout. Malgré les brimades et les obstacles. Témoigner ainsi d’une certaine façon que nous avons moins d’importance que ce que nous défendons, ou que cette chose nous importe tellement que nous ne craignons pas de nous y abandonner. Cette persévérance peut faire songer à l’esprit de sacrifice, peu couru peut-être à l’âge du « développement personnel ». Avoir de l’ambition oui, trois fois oui, mais se sacrifier, cela, non: un exemple typique de ces « doubles contraintes » responsables trop souvent de ces situations d’épuisement que nous observons ou traversons parfois. Mais n’est-il pas vrai que toute chose a la valeur de ce qu’elle coûte?

Alexandre Winter

Prière: Seigneur, nous connaissons tous parfois le découragement de ne pas voir croître les fruits que nous espérons. Nous subissons cette tristesse de voir des murs se construire plutôt que des ponts. Nous peinons devant un effort qui peut nous sembler vain. Alors, reste avec nous et donne-nous encore ce goût de l’avenir et l’espérance de ce que nous ne voyons pas.  

Référence biblique : Amos 6, 1 - 14

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